Un bon carreleur et un mauvais posent les mêmes carreaux, avec le même coulis, pour un prix parfois identique. La différence est sous la surface, dans la préparation et l’étanchéité — et elle n’apparaît que des années plus tard. Ce guide vous donne une méthode en six étapes pour choisir un carreleur au Québec sans vous fier à la chance.

1. Vérifiez la licence RBQ avant tout

Aucune autre étape ne compte si celle-ci échoue. Tout entrepreneur qui pose de la céramique pour un client doit détenir une licence de la Régie du bâtiment du Québec. La sous-catégorie applicable est la 4.2 — Entrepreneur en maçonnerie non structurale, marbre et céramique; un entrepreneur général en résidentiel (1.2, 1.3) peut aussi exécuter ou sous-traiter ces travaux.

Ce que la licence vous donne :

  • Cautionnement de 20 000 $ (résidentiel) ou 40 000 $ (autres) pour les travaux inachevés, mal exécutés ou non payés à un sous-traitant;
  • Assurance responsabilité civile obligatoire;
  • Un répondant identifié qui a passé les examens de gestion et de sécurité.

Demandez le numéro, tapez-le dans le registre en ligne de la RBQ et vérifiez le statut (« active ») et les sous-catégories. Un carreleur qui hésite à donner son numéro n’en a probablement pas.

2. Demandez trois soumissions écrites et détaillées

Une soumission de carreleur digne de ce nom sépare les postes suivants :

PosteCe qui doit être précisé
DémolitionSuperficie, disposition des débris, protection des lieux
PréparationAutolissant, panneau de ciment, membrane de désolidarisation, vissage du contreplaqué
ÉtanchéitéMarque et type de membrane, drain compatible, test d’eau
PoseFormat des carreaux, méthode (simple ou double encollage), système de nivellement, motif
MatériauxQui fournit quoi : carreaux, mortier, coulis, silicone, profilés
FinitionType de coulis (cimentaire ou époxy), scellant, silicone des angles
DélaisDate de début, durée, jours de séchage avant utilisation
GarantieDurée, ce qui est couvert
PaiementAcompte, jalons, solde à la fin

Une soumission « pose de céramique salle de bain : 4 500 $ » sur une ligne n’est pas comparable et ne vous protège pas. Les fourchettes normales sont dans notre analyse des prix.

3. Posez les questions techniques

Vous n’avez pas besoin d’être expert pour poser cinq questions dont les réponses trient les carreleurs :

  1. « Quelle membrane d’étanchéité utilisez-vous dans la douche? » — Bonne réponse : une marque précise (Schluter-Kerdi, Laticrete Hydro Ban, Mapei AquaDefense). Mauvaise réponse : « le gypse vert suffit ».
  2. « Comment vérifiez-vous la planéité du plancher? » — Bonne réponse : règle de 10 pi, tolérance de 1/8 po, autolissant si nécessaire.
  3. « Faites-vous du double encollage sur les 12x24? » — Bonne réponse : oui, avec système de nivellement.
  4. « Coulis ou silicone dans les angles? » — Bonne réponse : silicone, toujours.
  5. « Combien de temps avant de pouvoir utiliser la douche? » — Bonne réponse : 72 heures après le coulis.

4. Regardez les réalisations — et surtout les chantiers en cours

Les photos de douches terminées se ressemblent toutes. Demandez des photos de chantiers en cours : membrane posée avant les carreaux, bac avec pente visible, système de nivellement en place. Un carreleur fier de sa préparation en a des dizaines sur son téléphone. Demandez aussi une ou deux références récentes sur un projet semblable au vôtre et appelez-les.

5. Comparez les prix intelligemment

Sur trois soumissions détaillées, un écart de 10 % à 15 % est normal et reflète l’achalandage, la région et la qualité des matériaux. Méfiez-vous :

  • d’un prix 30 % à 40 % sous les autres — une étape a été sautée;
  • d’un prix donné sans visite du chantier;
  • d’un carreleur qui exclut la membrane ou l’autolissant « à voir sur place ».

Le taux horaire est un indicateur utile : un entrepreneur carreleur licencié facture 60 $ à 100 $ l’heure en 2026 (voyez notre article sur le taux horaire d’un carreleur). Un « 35 $ l’heure, payé comptant » n’a ni licence, ni assurance, ni cautionnement.

6. Signez un contrat clair

Le contrat (ou la soumission signée) doit reprendre tous les postes du tableau ci-dessus, plus :

  • l’acompte — 10 % à 15 %, ou le coût des matériaux fournis par le carreleur;
  • les jalons de paiement — par exemple 40 % après la préparation et l’étanchéité, solde après inspection finale;
  • la garantie écrite sur la main-d’œuvre (un à deux ans est la norme);
  • le numéro de licence RBQ et le nom légal de l’entreprise;
  • les imprévus — comment sont facturés le contreplaqué pourri, le sous-plancher à refaire.

Payez le solde après avoir vérifié vous-même : carreaux qui ne sonnent pas creux, joints réguliers, silicone dans les angles, pente du bac visible, drain au ras des carreaux.

Signaux d’alarme

  • Pas de numéro de licence RBQ, ou refus de le donner
  • Acompte de 50 % ou paiement comptant « sans facture »
  • Soumission d’une ligne, sans visite
  • Ne connaît pas le nom de sa membrane
  • Propose de poser sur l’ancienne céramique sans l’inspecter
  • Pas d’adresse d’entreprise, seulement un cellulaire

Trouver un carreleur vérifié

Les carreleurs présentés sur Carreleur.ca détiennent une licence RBQ active au moment de leur inscription — mais vérifiez-la vous-même avant de signer, c’est gratuit et cela prend deux minutes. Choisissez votre ville dans la liste des villes pour recevoir une soumission détaillée, et lisez le guide complet du carreleur pour comprendre le métier avant l’appel.